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INTERVIEW MARCEL FOBERT (2008)

INTERVIEW MARCEL FOBERT (2008)
Il y a quelques moiss, j'écrivais un commentaires sur le myspace de Marcel Fobert. Depuis, on s'est échangé quelques mails... très récemment il a accepté de répondre à quelques questions sous la forme d'une interview.


MERCI A MARCEL FOBERT POUR SA DISPONIBILITE ET MERCI A LUI D'AVOIR PLUS QUE JOUER LE JEU. JE VOUS LAISSE LIRE LA SUITE, BONNE LECTURE A TOUTES ET A TOUS !!!








"Je démissionne de mon emploi, je retire tout mon argent de la banque, j'achète le ticket de train et me voila en Italie à Rimini et c'est là que commence l'aventure "RAP FOLIE." - Marcel FOBERT


- AVANT DE TE POSER QUELQUES QUESTIONS, PEUX-TU TE PRESENTER POUR CEUX ET CELLES QUI NE TE CONNAISSENT PAS ENCORE... MÊME SI TU N'ES PAS INCONNU AUX AMATEURS DE FUNK, ET SURTOUT DE FUNK FRANCAISE.

MARCEL - Pour faire court, je suis né à Lille en 1958. J'ai donc 50 ans mais d'après ce qu'on dit j'en fais 10 de moins !!! C'est vrai j'ai conservé un mental de jeune et je ne me prends jamais la tête quelle que soit la situation et Dieu sait si j'ai connu des galères. Je prends la vie comme elle vient et je reste toujours optimiste. J'ai pas fait de grandes études, j'ai aucun diplôme mais comme tout ceux qui sont dans mon cas j'ai mes qualités et défauts.


- COMMENT AS-TU COMMENCE A FAIRE DE LA MUSIQUE ? ET QU'EST-CE QUI T'A MOTIVE A EN FAIRE.

MARCEL - C'était la seule matière où j'étais fort à l'école. Depuis tout jeune j'adorais la musique et cela a d'ailleurs été source de conflit dans ma famille. En effet ma mère me prenait pour un fou, elle me cassait grave. Seul mon père y a cru, il avait un ami qui était prof de musique et il m'a donné des cours à cette époque. J'apprenais l'accordéon. Ca ne me plaisais pas mais je le faisais, j'ai pu ainsi apprendre la maitrise de la musique. J'ai d'ailleurs remporté plusieurs coupes d'accordéoniste dans des concours régionaux, mais ce qui me plaisait c'était la batterie. Je me souviens j'allais dans le garage de mes parents situé au fond du jardin et je retournais les poubelles, les sceaux et je tapais comme un fou sur tout ça. Et pour les voisins et ma mère j'étais un malade !!! Un de mes oncles pour Noël m'a offert une batterie pour enfant. J'étais le plus heureux des enfants, enfin j'avais une batterie. Cela a mis ma mère en furie. Un jour en rentrant de l'école j'ai voulu aller jouer sur ma batterie, elle l'avait jeté aux poubelles. Je ne lui ai jamais pardonné, pour moi c'était comme si elle m'avait amputé d'un membre. Cela fait maintenant plus de 30 ans que je ne l'a vois plus et je ne veux plus la voire. Hélas mon père n'est plus de ce monde mais c'est à lui que je dois tout car il m'a toujours soutenu dans ma passion. La référence musicale que j'avais à cette époque c'était Claude François. Dans ma chambre j'écoutais ses disques, je me mettais devant la glace et je l'imitais. J'étais plus que fan et je le suis toujours car pour moi il reste l'artiste Français qui aura le plus révolutionné le métier d'artiste. Il était aussi très bon batteur. Par la suite il y a eu un second artiste qui m'a énormément influencé c'est Cerrone.


- VERS QUEL(S) STYLE(S) ETAIS TU ATTIRE ? QU'EST-CE QUE TU APPRECIES PLUS PARTICULIEREMENT DANS CE(S) STYLE(S) DE MUSIQUE ?

MARCEL - Le Disco, ça c'était mon truc : de belles mélodies avec cette rythmique qui donnait envie de bouger c'était, et d'ailleurs toujours, mon style de musique préféré.


- AVANT LA SORTIE DU MAXI "Rapfolie" (1984), QUEL A ETE TON PARCOURS "PROFESSIONNEL" MUSICAL ?

MARCEL - J'ai été DJ en Belgique et grâce à mes premières paies je me suis acheté un synthé pour continuer la musique et composer. J'avais à cette époque pas mal d'idées mais j'étais aussi très seul car dans mon entourage personne ne s'intéressait à la musique, donc j'ai vécu comme ça dans l'ombre quelques années. C'est plus tard que j'en eu marre, je n'avais qu'une obsession : faire un disque. Je décide de partir de Lille, de quitter ma famille. Je vais à Paris seul avec très peu d'argent. Là-bas, je fais plein de petit boulot et un jour je décide, suite à une petite annonce, de partir à Marseille. J'avais un emploi dans la restauration, nourrit et logé. C'était un restaurant spécialisé dans la bouillabaisse. J'aimais pas ce job, mais dans ma tète mon plan était fait : tenir l'emploi suffisamment de temps pour économiser de l'argent afin de pouvoir faire de la musique. J'ai tenu un peu plus d'un an. Entre temps, j'avais contacté des maisons de disque en France avec mes maquettes, mais je me suis fait jeter de partout. Alors un beau jour, une annonce dans le magazine "SONO" allait changer tous mes plans: on cherchait un DJ en Italie. J'ai contacté l'annonceur qui par chance parlait Français et c'est surement grâce à ma motivation qu'il me propose de venir. Je suis aux anges, je me pose pas de questions. Je démissionne de mon emploi, je retire tout mon argent de la banque, j'achète le ticket de train et me voila en Italie à Rimini et c'est là que commence l'aventure "RAP FOLIE".


- RACONTE-NOUS UN PEU L'AVENTURE DE CE MORCEAU DES L'IDEE DU PROJET À LA COMMERCIALISATION DU DISQUE. (rôle que tu as joué, celui de ceux qui t'entouraient, accueil du public)

MARCEL - Grâce à mon expérience de DJ en Belgique et une culture musicale acquise du fait de cette passion que j'avais, les essais dans cette discothèque furent concluants et je fus engagé. Avec le recul j'ai compris aussi pourquoi cela a marché. Dans cette discothèque il ne fallait pas se contenter que de passer des disques, il fallait aussi animer au micro les soirées. J'ai très vite appris la langue Italienne qui me plaisait beaucoup, mais quand je faisais l'animation la clientèle voyait bien que je n'étais pas Italien, mais ça fonctionnait à merveille. Si bien qu'un jour le patron de la boite était ami avec le directeur d'une station de radio prés de Rimini : il y avait un créneau à prendre en soirée pour faire une émission disco funk qui consistait à diffuser les nouveautés mais également recevoir et interviewer des artistes. On a donc travaillé la dessus et les Italiens, qui sont des businessman hors pair, ont flairé en moi le bon filon. C'était osé mais eux ils foncent. En effet, pour faire de l'audience, ils étaient persuadés qu'un animateur parlant l'Italien avec un gros accent Français susciterait la curiosité des auditeurs, et ça n'a pas loupé. Mon émission faisait le meilleur score d'audience toute émission confondue. C'était une grosse radio (réte105 network), un réseau type RTL dont le siège était à Milan. Mon émission était sponsorisée par Coca Cola. J'avais le plus gros budget de la station. C'était du délire les auditeurs car ils intervenaient en direct à l'antenne, étaient pliés en deux à cause de mon accent ? J'étais, toute modestie à part, la star de la station. Je recevais donc des artistes Italiens qui faisaient de l'italo disco et du funk et un jour je fais connaissance avec Enzo "Vince" Vallicelli qui travaille sur le label "Cruisin records". Je lui fais part de mes envies de faire un disque et de là il me met en relation avec Luca Orioli, un arrangeur et Stefano Scalera un producteur de Milan qui a le label dance "Many Records". Je fais donc écouter la maquette de "rap folie" et tout de suite le concept les séduit. On entre donc au studio "RIMINI STUDIOS RECORDS" : un studio prestigieux où ont enregistré entre autre CHANGE, BB&Q BAND, qu'a produit le même Luca Orioli, FONZY THORNTON etc... Je côtoie donc ce beau monde et avec Mario Florés, l'ingénieur du son, on commence les premières prises.Nous avons donc tout remis à plat par rapport à la maquette d'origine et nous avons de ce fait co-signé le titre à 3. J'ai investi à part égale avec le producteur Stefano Scalera car je voulais conserver une maitrise sur la création du titre, ce qui est difficilement possible. Dans le cas contraire en effet il faut souvent se plier au choix du producteur quand il est le seul à financer, et parfois les choix ne sont pas les bons. Dans mon cas j'ai pu imposer mes idées couplées avec celles de mes collaborateurs. Au fur et à mesure que le titre avançait mon co-producteur a eu l'idée de le proposer pour le groupe "Chagrin D'amour". Il connaissait leur producteur, moi je ne connaissais personne mais j'étais ok car j'étais persuadé que le titre aurait été bien défendu. Des contacts ont lieu et un jour mon co-producteur me dit que cela ne pourra pas se faire car la fille qui accompagne Grégory (le leader du groupe) est en tournage de film en Angleterre. Donc ça sera à moi d'interpréter le titre dont sa sortie en Italie était prévue pour l'été 1983. On a donc terminer ensemble l'enregistrement des voix puis le mix final et le disque est sorti comme prévu en Italie. Seulement, j'ai donc du arrêter mes activités de DJ ainsi que la radio car je devais être libre de tout engagement afin d'assurer la promo du disque en tv, club et autres manifestations (voire vidéo sur Youtube). Concernant la partie "business" du disque j'ai confié le plein pouvoir à mon co-producteur car d'une part c'était son truc, il connaissait du monde (Berlusconi entre autre) et d'autre part il était plus connu que moi dans le milieu. Et de plus tout ce qui est contrat c'est pas mon truc donc c'était bien ainsi. Quand le disque est sortie en Italie il a tout de suite cartonné. Le premier pays à le diffuser fut la Belgique. Là-bas, un importateur Belge en avait commandé une quantité impressionnante en Italie et le disque cartonnait aussi en Belgique. C''est en Janvier 1984 que mon co-producteur se rends au MIDEM de Cannes pour vendre la licence d'exploitation à une maison de disque en France. Celui qui a mis le plus d'argent pour acquérir les droits fut CARRERE qui sorti le disque sur son label pour la FRANCE, BELGIQUE, HOLLANDE, SUISSE. Pour l'ALLEMAGNE ce fut ZYX, pour l'ESPAGNE ce fut HISPAVOX, pour le CANADA ce fut ERO RECORDS. Bref le disque s'est retrouvé jusqu'à TAIWAN, au JAPON, en RUSSIE. Face à ce succès il nous manquait l'ANGLETERRE et les USA mais là il fallait faire une version anglaise car il est quasi impossible d'entrer dans ces pays en chantant en Français. Mon co-producteur avait son idée, faire enregistrer le titre en Anglais par TONY MC KENZIE (son tube "ah chica "). J'ai refusé car si cela c'était fait j'aurais aussi dû faire la promo là-bas. Je n'aurais que pu faire un mauvais playback, je le sentais pas et de plus vis à vis des gens ça n'aurait pas été honnête d'interpréter un titre dont la voix n'était pas la mienne. Donc le titre est resté que dans sa version d'origine.


- D'UN POINT DE VUE ARTISTIQUE, AS TU EU UNE LIBERTE TOTALE OU PAS VRAIMENT ?

MARCEL - En Italie oui on m'a fait confiance, je savais ce que je voulais et mes collaborateurs m'ont aussi apporté leurs idées. Au final le résultat m'a séduit.


- EN 1985, TU DETIENS LE RECORD DU PLUS LONG SOLO DE BATTERIE EN CONCERT... PEUX-TU NOUS EN DIRE UN PEU PLUS ?

MARCEL - A l'époque, mon manager en France qui travaillait pour ma maison de disque CARRERE organisait la promo de mon disque et il vendait aux grosses discothèques ma prestation comme il le faisait pour tous les artistes du label CARRERE. A l'époque il vendait ma prestation 5000.Frs plus les frais de déplacement, hébergement et restauration. Le patron de la boite signait donc un contrat pour un spectacle. C'était pour lui intéressant car cela faisait venir du monde dans sa boite, mais moi je n'avais qu'un titre donc je l'interprétais sur scéne en version longue et pour ce prix je devais comme on dit "meubler". J'avais donc inclus dans ma prestation un solo de batterie en live, je jouais sur un morceau de CERRONE "midnite lady" et à la fin du morceau je faisais un solo de batterie de 10 minutes environ.
Mais ce soir là à Chenevières, je ne me souviens plus du nom de la boite (j'ai fait plus de 100 clubs en promo)... ce soir là donc il y avait un public extraordinaire, une ambiance de délire. Je commence mon solo de batterie, la boite est survoltée, je suis pris dans l'ambiance et au final j'ai fini mon solo de batterie à plus de 5 heures du mat en ayant commencé à 23 heures, comme spécifié sur mon contrat d'engagement. J'avais jamais connu tel délire, c'est mon meilleur souvenir de concert. A ce propos je compte officialiser ce record avec le Guinness. Je travaille la dessus en ce moment, le plus dur étant le sponsoring car ça coute cher.


- ENTRE CETTE PERIODE ET CELLE Où TU AS SORTI TON SECOND MAXI, QU'AS TU FAIT ?

MARCEL - Ben j'ai fait le con !!! J'ai continué à faire des spectacles part ci part là. Oui j'oublié à Namur avec RTL en 85, le méga concert live au profit du SAHEL pour les enfants de ce pays qui mourissaient faute d'eau potable ? Il y avait pleins d'artistes qui ont participé à cette belle cause et j'en faisais partie. Sinon j'ai hélas claqué ma tune dans des soirées délires, bref j'ai mené la grande vie. Ill est vrai que je n'étais pas entouré d'une personne pour gérer mes affaires. Et comme j'ai jamais connu l'abondance de l'argent, étant issu d'un milieu ouvrier mon pére a fait de son mieux pour donner à ses enfants (nous étions 4) tous ce qu'il fallait pour être nourri, éduqué au mieux. Il ne restait rien pour les extras mais c'est déjà énorme d'avoir ça. Il y a hélas tant d'enfants chez nous en France qui n'ont pas ce minimum. Bref une fois que je me suis rendu compte de la catastrophe, car bien sur dans mon délire j'avais rien déclaré au fisc. J'y pensais même pas donc on ne peut pas dire que j'ai voulu frauder car sinon je m'y serais pris autrement. Conclusion, j'ai été en taule quelques temps pour ça et après il a fallu payer donc plus rien. Alors j'ai repris le chemin des petits boulots et petit à petit je m'en suis sorti. Bon j'ai peut être un mental à part mais voila c'est un message que je passe aux jeunes qui sont dans des galères. C'est sur c'est dur mais il y a un truc à savoir pour éviter la déchéance : quelle que soit la situation il ne faut pas croire que l'alcool ou la came ou la délinquance vont résoudre les problèmes. Ok sur le moment on en profite, mais très vite on paie cash et ça fait super mal. La solution je ne l'ai pas mais j'ai mon expérience. Comme j'ai dit, j'ai connu la taule, j'ai dormi dans des cages d'escaliers, j'avais pas de tunes pour un hôtel, j'ai eu faim parfois et j'ai toujours au final eu la force de caractère pour sortir de là. Et faut pas croire que j'ai été pistonné pour arriver dans le show biz. J'ai tout pris sur moi et si j'ai réussi à une période c'est par volonté perso et quand on croit en soi on s'en sort toujours. Bon j'arrête là je veux pas passer pour un donneur de leçon mais c'est du vécu alors si ça peut aider tant mieux.


- RACONTE-NOUS EGALEMENT L'HISTOIRE DU MAXI «Quelle Folie La Nuit» (1989) DES L'IDEE DU PROJET À LA COMMERCIALISATION DU DISQUE. IL ME SEMBLE QU'IL Y A EU DU JOLI MONDE SUR CE DISQUE ?

MARCEL - Donc à cette période j'avais plus de tunes. Je bossais comme plongeur dans un resto à Paris, salaire le Smic. Mais fidèle à mon caractère car je suis plus têtu qu'une mule !!! Il me fallait refaire un disque. Je n'avais qu'un atout c'était le succès de mon premier disque. J'ai connu un gars c'était devenu un copain et je lui fait part de mon envie de refaire un disque, seulement le blème j'avais plus une tune pour produire et là il me propose de financer le projet à hauteur de 120.000Frs car il n'avait pas plus. Le budget était short car produire un disque coute cher (studio, musiciens, choriste, technicien etc...). Bref je contacte certains potes du show biz et je finis par choisir une équipe qui collait bien au projet et au budget car il faut savoir que si part exemple tu prends Michel Gaucher pour le sax (c'est le top en France) ou bien Mr.x c'est pas le même tarif. On choisit le studio et c'est parti on bosse sur le titre. Donc là pareil je lâche mon boulot au resto et je vis comme je peux mais bon ça va. Arrive la fin de l'enregistrement du disque, tout le monde était convaincu que le succès serait au rendez vous et surtout le producteur. C'est donc avec la maquette définitive qu'on prend rendez vous auprès des maisons de disque pour présenter le bébé. Donc là ce que les gens doivent savoir c'est que dans ces maisons de disques ce sont deux invalides des oreilles qui décident pour la planète entière si oui ou non le disque va sortir. Dans mon cas ça a été non, alors bien sur ces gens là manient à merveille la langue de bois. Les raisons du refus : "c'est bien mais c'est pas dans la tendance" ou alors "c'est super mais en ce moment il y a trop de rap" etc... Donc on s'est fait jeté de tous les gros labels et un de mes musicos nous dit : « j'ai entendu parler d'une maison de disque en banlieue Parisienne qui voulait sortir des titres "dance" ». Donc on prend rendez vous, on en a plein la vue le PDG de cette boite (NTI) me dit même qu'il venait de signer le dernier album de CERRON. Donc là je dis à mon producteur qui était très inquiet : « si Cerrone a signé chez eux c'est du sérieux » donc on signe. On a des promesses de promo en tout genre etc... Un premier pressage de 600 exemplaires sera fait pour envoyer un disque aux discothèques "cible" afin d'avoir l'avis du DJ sur le disque. Les réponses arrivent, il y avait 70% d'avis positif sur le disque donc pour nous c'était bon, on savait que le titre plaisait. Entre temps je parle de tout ça avec un proche de Cerrone qui me dit "fais toi pas d'illusion ils ne feront rien de ton disque d'ailleurs Jean-Marc (Cerrone) est en procès avec eux" et effectivement rien ne c'est passé. Le producteur n'avait plus d'argent pour attaquer la maison de disque, il a tout perdu. Le disque n'a jamais été commercialisé, la maison de disque a disparu à ce jour. Il y a 3, 4 exemplaires en vente sur internet à des prix de malade 150 euros pour le plus cher, mais c'est vrai c'est un disque rare. Donc voila... pourtant effectivement il y avait du beau monde sur ce disque. Et pour être honnête avec les gens la présence de Thomas Bangalter (membre de Daft Punk) sur le disque est vraie mais il n'a absolument rien fait sur le titre. C'est sur la demande de son oncle "Gérard Bangalter" qui était lui l'éditeur du titre. Il me demande un jour en studio si ça me dérange pas que sur la pochette du disque on mette le nom de son neveu et moi je lui répondis que ça ne me gênait pas. Donc voila pour l'anecdote et à cette époque en 89 Thomas Bangalter n'avait que 15 ans.


- MALGRE CA, POURQUOI TA MAISON DE DISQUE NE T'A-T-ELLE PAS SOUTENU JUSQU'AU BOUT ? CELA PARAIT PLUTÔT PARADOXAL COMME ATTITUDE.

MARCEL - Oui en effet. Et la pour te répondre je vais pas faire de la langue de bois c'est pas mon genre. Tout d'abord une maison de disque quelle qu'elle soit soutient son artiste tant que celui-ci lui ramène du pognon. T'as pas le droit à l'erreur, notoriété ou pas c'est le tarif. Ensuite dans mon cas j'ai eu affaire à une boite qui a voulu faire du fric sans investir, un truc bien de chez nous ça : la politique qui consiste à miser le moins possible en espérant faire le maximum de bénéfice. Ces mecs là n'ont toujours pas compris que ça marche pas, sans compter les bourdes (exemples : refuser le "born to be a live" d'HERNANDEZ quand on sait le succès que ça a eu, idem pour MADONNA personne en France en a voulu, t'as vu maintenant), et je pourrais continuer les exemples à l'infini. Regarde un artiste comme THOMAS G, pourquoi il n'est pas chez Warner ou Universal, c'est super ce qu'il fait mais entend-t-on ses chansons sur Nrj ou FUN, SKYROCK et les autres non pourquoi ? Eh ben parce que tout ça est formaté, la playlist nrj est la même pour fun, sky et les autres et toi tu passes jamais. Alors après on entend dire les gens en France n'y connaissent rien en musique, c'est normal on leur sert la méme soupe jour aprés jour. Si on permettait aux gens de découvrir d'autres choses certains y prendraient goût, mais là c'est pas le cas. Ajouter en bonus que l'on a eu depuis JACK LANG (seul et unique ministre de la culture digne de ce nom car lui a fait énormément pour la culture en général) donc après DONNEDIEU DE VABRE nous avons l'apothéose en la matière à savoir CHRISTINE ALBANEL : c'est une catastrophe. J'ai suivi de prés son projet de loi pour lutter contre le piratage, c'est une véritable désolation, complètement inapplicable concrètement. Ce n'est que de l'effet d'annonce mais cela ne me surprend pas car c'est la marque de fabrique de la maison UMP (comme ça tu connais mes opinions politiques). Bref pour conclure je n'ai jamais connu ça en Italie. La plus grosse erreur que j'ai fait dans ma vie c'est d'avoir voulu faire un disque en France mais j'ai compris la leçon, c'est d'ailleurs pour cela que je repars en fin d'année en Italie relancer ma carrière.


- QUI EST LA CHORISTE QUI T'ACCOMPAGNE SUR CHAQUE MORCEAU ? QU'EST ELLE DEVENUE ?

MARCEL - Ce sont des choristes professionnelles de studio qui ont travaillées avec moi et d'autres artistes, je n'ai donc pas de suivi les concernant. Par contre pour la scène et les tv c'était mon manager chez CARRERE qui a engagé via une agence la fille qui m'accompagnait.


- D'APRES TOI, DANS LES ANNEES 80, Y'AVAIT-IL UNE SCENE FUNK FRANCAISE... QUELLE SOIT IMPORTANTE, COMME MOINS IMPORTANTE ?

MARCEL - Pour moi non on ne peut pas dire qu'il y avait une scène funk française, tout du moins tel que je l'entends moi. Par contre il y a eu incontestablement une scène Dance et Disco, je pense à CERRONE, JUVET, LES GIBSON BROTHERS etc... Je précise d'ailleurs que beaucoup de titres Français de Disco Funk ont été enregistrés et parfois produits à l'étranger (Italie pour la majorité mais aussi UK ET USA).


- DURANT CES ANNEES LA, QUELS ONT ETE POUR TOI LES ARTISTES FRANCAIS LES PLUS FUNKY (peu importe leur notoriété) ?

MARCEL - Bon là je suis bien embarrassé pour te répondre car hormis SHEILA (spacer) et CLAUDE NOUGARO (nougayork), ça c'était vraiment funk, j'en vois pas d'autres sauf bien sur en 85 l'immense SERGE GAINSBOURG (love on the beat & you're under arrest). Non vraiment après je vois pas, bon bien sur il y a eu plein de bons trucs mais c'était pas pure funk il y avait des influences de funk mais mélanger avec de la dance ou du disco. D'ailleurs mon titre Rapfolie n'est pas non plus un produit pur funk, le second oui. Pour être honnête avec toi et le public, il est très difficile pour un Français de s'imposer dans le funk c'est une musique qui appartient aux blacks et derrière ça il y a une histoire douloureuse que eux ont vécu et pas nous. Et ce qu'ils font ça sort des tripes et du c½ur, y'a pas de triche, c'est de l'authentique. Nous autre on peut tout juste s'en approcher, même s'il est vrai qu'assez souvent le résultat est bon.


- APRES "Quelle Folie La Nuit", AS TU CONTINUE A TRAVAILLER DANS LE DOMAINE MUSICAL OU PAS ? SI OUI, QU'AS TU FAIT EXACTEMENT ? J'AI PU LIRE UNE FOIS SUR UN BLOG QUE TU REEDITAIS DES DISQUES DE FUNK, EST-CE VRAI ?

MARCEL - Oui c'est vrai, j'avais créé mon propre label (FUNKRECORDS) et je rééditais sur cd des albums funk. Je remasterisais les titres afin d'avoir un son nickel et c'était une boite filiale d'Universal qui fabriquait les cds. Mon plus gros succès fut ROCKIE ROBBINS 1981 (i believe in love). J'ai sorti 7 cds en tout et j'ai arrêté car les ventes étaient très faibles. Et financièrement c'était à perte de nos jours, c'est dur de vendre du disque. A part cela j'ai continué à composer, j'ai des titres chez BMG UNIVERSAL en attente.


- ACTUELLEMENT, AS TU DES PROJETS DANS LES DOMAINES ARTISTIQUES ? EST-CE QU'ON PEUT EN SAVOIR PLUS ?

MARCEL - Oui et je suis actuellement en contact avec mes collaborateurs en Italie pour m'y rendre en fin d'année afin de faire un remix de Rap folie et un nouveau titre qui sera très funky avec des voix gospel. Je vais travailler là bas avec des gens qui ont déjà travaillé sur mon premier titre et qui sont aussi des pointures dans la funk. Ils ont travaillé pour CHANGE, BB&Q BAND entre autres, donc je serais entre bonnes mains. A part cela je projette aussi d'officialiser mon record de durée d'un solo de batterie. C'est un gros projet car très couteux, donc là en ce moment j'étudie avec un pote cette affaire.


- QUE PENSES-TU DU PAYSAGES FUNK FRANCAIS AUJOURD'HUI ? QUELS SONT LES ARTISTES DONT TU APPRECIES LE TRAVAIL ?

MARCEL - Y a un paysage funk français aujourd'hui ici en France ? !!! Là sur le moment je ne vois pas et pour être franc j'aime pas ce qui se fait en ce moment. Tout se ressemble y a plus de musicos c'est des ordinateurs et à la télé on ne voit que des gougnottes qui se trémoussent à brailler des paroles qu'on comprend pas. Et en bonus on a la star ac et autre nouvelle star, seule source de revenu pour la maison Universal France donc pour moi le paysage est triste. Le seul artiste qui fait du boulot intéressant c'est THOMAS G. Franchement je trouve que ce gars mérite de monter dans le métier car on sent que c'est fait avec passion et gout. Et d'ailleurs si j'ai la chance de bien redémarrer avec mon nouveau titre c'est fort probable que je chercherai à combiner avec lui un projet.


- AS TU UNE PETITE PLAYLISTE DE MORCEAUX A NOUS CONSEILLER ? LAQUELLE ?

MARCEL - Houla y a tellement de titres bon je laisse de côté les classiques (KASHIF, MELBA, SHALAMAR etc...). Au hasard, 6 pépites que j'écoute au moins une fois par semaine :

LIGHT OF THE WORLD "famous faces"
STANLEY CLARKE "i love New York"
PATTI LABELLE "it's alright with me"
ROCKIE ROBBINS "an act of love"
KAZU MATSUI PROJECT "midnight shuffle"
et puis aussi la funk made in Japan TOSHIKI KADOMATSU, MINAKO YOSHIDA, ANRI y a vraiment de super titres mais bon j'en aurai tellement d'autres à soumettre ....


- MERCI MARCEL POUR TA GENTILLESSE ET TA DISPONIBILITE, TU SERAS TOUJOURS LE BIENVENUE SUR LE BLOG... AS-TU D'AUTRES CHOSES À AJOUTER ?

MARCEL - C'est avec plaisir que j'ai accepté cet entretien. Je tiens à mon tour à te remercier pour l'intérêt que tu portes à la musique Française. J'espère que mes réponses apporteront l'information recherchée. La dernière chose que j'ajouterai c'est l'espoir d'un monde meilleur. J'ai il y a deux mois fais bénévolement à Roubaix un spectacle au profit du Tibet ET pour l'association France Palestine. J'ai animé toute cette soirée en présentant un spectacle de chant et danse rassemblant plusieurs communautés et en final j'ai chanté. Tous les bénéfices de cette soirée ont été versés au profit de ces associations et pour ce qui me concerne je serai toujours dispo pour soutenir ces actions. Je déteste la discrimination le racisme et l'oppression.


- MOI AUSSI J'AI QUELQUE CHOSE A AJOUTER, QUESTION BONUS, SERAIS TU PRET A ME FAIRE CADEAU D'UN EXEMPLAIRE DE CHAQUE MAXI DEDICASSE AU NOM DE "DJ DAYBREAK" ? TU PEUX REPONDRE NON ;-)

MARCEL - C'est oui avec plaisir. Donne moi simplement une adresse pour t'envoyer ça et laisse moi le temps de récupérer un "quelle folie la nuit" car j'en ai plus là chez moi sauf le miens.

J'ai été ravi de participer à cela je te souhaite plein de bonnes choses.
AMICALEMENT, MARCEL FOBERT.







Naturellement, je lui enverrais moi-même quelques unes de mes mixtapes au format CD.

# Posté le mardi 26 août 2008 19:30

Modifié le vendredi 19 septembre 2008 15:17

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